Latitude zéro : 40 000 Km pour partir à la rencontre du monde de Mike Horn

Latitude zéro

J’ai lu Latitude zéro: 40 000 Km pour partir à la rencontre du monde de Mike Horn, présentateur de l’émission The Island diffusé en mars/avril 2016 sur m6. Sud-Africain de naissance et suisse d’adoption, Mike Horn n’a cessé de multiplier les exploits. Il prévoit d’ailleurs une nouvelle expédition pour avril 2016 « Pole to Pole 360 » qui consiste à faire le tour du globe du nord au sud, seul et en une année.

C’est donc en regardant la première saison de l’expérience The Island, en 2015 que j’ai découvert cet explorateur qui a parcouru le monde dans des conditions extrêmes. J’ai tellement apprécié l’émission que je me suis intéressée à ce qu’a pu réaliser son présentateur.

J’ai commencé par lire Conquérant de l’impossible qui retrace son tour du cercle polaire arctique en solo, nommé expédition Arktos qu’il réalisa en 2002. Un témoignage absolument incroyable, saisissant, stupéfiant, un vrai coup de coeur ! J’ai également vu le film documentaire associé intitulé « Le voyage intérieur de Mike Horn » que j’ai tout autant apprécié.

Deux ans plus tôt, en 1999 il réalise Latitude zéro. Cette expédition consistait à faire le tour du monde tout en suivant la ligne de l’équateur, du coup en étant à une latitude de zéro et ce sans aucun moyen motorisé. La tâche s’annonçait rude sachant que 3 personnes ont auparavant tenté l’expérience et n’ont pas survécu, mais Mike Horn aime dépasser ses limites.

L’aventurier raconte son parcours dans le livre Latitude zéro: 40 000 Km pour partir à la rencontre du monde. J’ai lu la version publiée aux éditions Pocket en 2004.

Latitude zéro: 40 000 Km pour partir à la rencontre du monde

Latitude zéro Mike Horn

 

Mike Horn se prépare à l’une des plus grandes expériences de sa vie, faire le tour du monde en suivant l’équateur. Il aborde les préparatifs de ce voyage hors du commun. Les moyens mis en œuvre, l’acquisition de son trimaran baptisé Latitude zéro comme le nom de son expédition et avec lequel il devra parcourir les trois océans, panneaux solaires pour l’alimentation en électricité, téléphone satellite, ordinateur.

Un parcours en 6 étapes, dépars Libreville capitale du Gabon puis direction l’Atlantique, l’Amérique du Sud, le Pacifique, l’Indonésie, l’Océan Indien et enfin l’Afrique, point d’arrivée Libreville.

Il sera seul à réaliser cet exploit mais on voit rapidement que derrière lui une équipe le soutien, avec en première ligne son épouse Cathy à qui il signale dès qu’il le peut tout problème ou besoin en matériel mais aussi Martin, son frère en charge de la logistique.

L’Atlantique

Le départ s’annonce délicat, Mike Horn n’a alors pour expérience de la navigation que 3 heures de voile en Suisse, mais il croit en Lui, ses proches aussi, et c’est surement pour cela qu’il arrivera en 19 jours et sans encombre majeur à traverser l’Atlantique.

Les jours passent et Mike Horn prend de plus en plus d’assurance avec son trimaran qui à la base n’est prévu que pour une navigation côtière. Il réussit néanmoins à affronter la tempête tropicale qui a lieu à l’approche du Brésil.

Dans l’Atlantique c’est l’une des premières fois de cette expédition qu’il frôle la mort, sans attache et avec un bateau qui vogue à grande vitesse il faillit passer par-dessus bord, à cette cette allure il lui aurait été impossible de le rattraper.

Amérique du Sud

Une fois arrivé à destination il est rejoint Cathy, Annika et Jessica leurs deux filles, mais aussi Martin, Sean Wisedale et Sébastien Devenish deux amis, le premier caméraman vidéo, le second photographe. A chaque étape importante Mike  Horn est ainsi rejoint par son équipe pour non seulement les revoir dans ces moments si importants mais aussi pour l’approvisionner en matériels et aussi capturer quelques images.

Arrivé jusqu’au mur de la forêt amazonienne qui se dresse devant eux, Mike Horn abandonne ses proches pour affronter les 3 600 km de jungle tropicale que personne n’a jusque-là traversée à pied. Pour lui l’impossible n’existe pas, comme il aime à le dire:

L’impossible n’existe que parce que nous n’essayons pas de le rendre possible

Mike Horn met un moment à se préparer psychologiquement, en faisant la paix avec cette forêt considérée comme un monstrueux ennemi. Avec son sac à dos fait spécialement sur mesure et qui lui fait office de nécessaire de survie, une machette à la main il entame la traversée de cette forêt inquiétante.

La chaleur est suffocante dans la jungle, Mike Horn ne boit pas moins de 14 litres d’eau par jour, un conteneur présent dans son sac à dos particulièrement adapté lui a été confectionné, ainsi il lui suffit de mettre à la bouche le tuyau qui mène au conteneur d’eau pour boire.

Sa réserve d’eau diminue rapidement mais  grâce aux lianes qui en sont rengorgées il arrive à s’approvisionner. A court de nourriture il se met à chasser et pécher, poisson, piranha, mais aussi caïman, singe, sanglier sauvage. Pour survivre dans la jungle il faut se faire violence et être prêt à manger tout ce qui s’y trouve.

La nuit dans cette jungle hostile, ses yeux sont ses oreilles, il apprend à écouter et finit par considérer cet enfer vert en paradis vert.

Il croise les serpents dont l’un va lui causer une morsure à la main jusqu’à l’os et va le terrasser pendant quatre jours sans savoir s’il y survivra. Il sert de petit déjeuner aux moustiques particulièrement voraces mais aussi aux fourmis rouges dont il finit par se débarrasser en se jetant dans la rivière.

Mike Horn continue son périple sur la rivière dans une pirogue qu’il vient de troquer contre sa lampe frontale à un habitant. Cette fois, c’est la jungle aquatique qu’il doit traverser. Il rencontre piranha, caïman mais aussi anaconda !

Caïmans Latitude zéro

Caïman

Anaconda Latitude zéro

Anaconda

Lorsqu’il est impossible de progresser en pirogue, Mike Horn continue à pied dans l’eau, son sac porté par son zodiac qu’il traine derrière lui.

Il s’engouffre dans les marécages particulièrement redoutables au vu des herbes coupantes qui y sont présentes. Il affronte la pluie pendant plusieurs jours qui le rend trempé jusqu’aux os. Il finit par attraper la Malaria qu’il ne supporte pas trop mal au début.

Trois ans auparavant il descendit l’amazone à la nage, en vue de cette expérience il suivit un stage de survit dispensé par un Indien, ce qui lui permit d’apprendre énormément de choses.

Arrivé en Colombie c’est dans un pays envahi par les narcotrafiquants que Mike Horn devra composer. Après avoir rencontré le chef des guérilleros il obtient l’autorisation de suivre le cour de la rivière mais s’il pose un pied à terre il signe son arrêt de mort !

Il en profite pour gravir le mont Cayambe sur son chemin, avec ses amis Sébastien et Claude-Alain Gailland alpiniste chevronné chargé de diriger cette nouvelle expédition. Il s’agit d’un volcan éteint situé en Équateur, d’une altitude de 5 790 m.

Le Pacifique

Au bout de 6 mois il arrive au bout de cette seconde étape que fut l’Amérique du sud et s’apprête à parcourir le Pacifique. Les retrouvailles avec sa femme et ses enfants sont des plus émouvants, même le chauffeur qui les a amené est en larmes bien qu’il ne connaisse pas Mike Horn.

Dans le Pacifique il est escorté par une famille de dauphins, il voit des phoques et même des baleines !

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Phoque latitude zéro

Baleine Latitude zéro

Indonésie

Proche d’Halmahera en Indonésie où il avait l’intention d’accoster, il se rend compte qu’il est impossible d’y mettre les pieds tant la guerre y fait des ravages. Il arrive finalement au milieu des îles indonésiennes et passe un moment en famille à Padang.

Océan Indien

Mike Horn découvrira la dureté de l’océan Indien, il rencontrera de loin le moment le plus difficile qu’il aura vécu dans l’océan durant cette expédition. Un cyclone des plus violents lui mènera la vie dure pendant plusieurs jours au point que lui qui a eu peur de mourir jusque-là a finit par avoir peur de ne pas mourir tellement cette épreuve fut douloureuse à vivre.

Afrique

Mike Horn affronte les régions désertiques du Kenya, à la frontière proche de la Somalie il craint les shifters (nomades) africains déserteurs de l’armée somalienne armés de fusils AK 47 , dans cette région où les pillages, agressions sont monnaies courantes,  l’armée patrouille quotidiennement.

Le mont Kenya 5 200 m est sur sa route, c’est l’occasion comme pour le mont Cayembe de le gravir. Avec Martin et les autres membres de l’équipe qui le rejoignent pour cette ascension ils tenteront de vaincre le plus haut sommet d’Afrique après le Kilimandjaro. Étant un amas de pic rocheux le mont Kenya est difficile à gravir. Pendant son ascension Mike Horn et ses amis ne cessent de s’en rendre compte en lisant les plaques « à la mémoire de… » ici et là tout au long de leur parcours.

Heureux d’avoir réussi à atteindre le sommet du mont Kenya, Mike Horn fait profiter d’une balade à vélo un masaï qu’il vient de rencontrer.

Arrivé en Ouganda il découvre une magnifique réserve naturelle, le Queen Elizabeth National Park. Elle regroupe toutes sortes d’animaux sauvages, fauves, antilopes, rhinocéros et éléphants qui y vivent librement, les visites ne se font qu’en 4×4.

Eléphanteau Latutude zéro

Mike Horn bravant le danger s’octroie une petite visite à vélo, là un petit éléphanteau s’approche de lui il en profite pour prendre quelques photos ce temps a suffi pour que la mère fonce vers lui en chargeant accompagnée du groupe. Il enfourche son vélo et pédale lorsque les pachydermes s’arrêtent, il en fait de même et continu à les contempler, ils chargent de plus belle et la course se poursuit.

Mike Horn continue sa visite et découvre rhinocéros, crocodiles, sangliers sauvages.

Rhinocéros latitude zéro

Tout au long de son périple à travers l’Afrique équatoriale, Mike Horn est confronté à la misère humaine mais surtout à la cruauté humaine.

Il franchit ensuite la frontière pour parcourir le Congo, pays complètement instable et au cœur de la guerre civile. Mike Horn continue son chemin malgré les obstacles notamment les routes boueuses, à vélo puis en pirogue.

Les rebelles du FLC (front de libération du Congo) l’accueillent plutôt bien en général mais ça sera dans ce pays qu’il aura vu la mort de plus près. Pris pour un espion, il fut emprisonné et maltraité par un officier qui programmera son exécution, Mike Horn l’a échappé de peu.

Il reprend la route et les ennuis recommencent. Ancien soldat des forces spéciales en Angola, Mike Horn connaît les techniques de guérilla et de combat, il arrive rapidement à sentir l’embuscade venir.

Il s’engouffre dans la forêt pour se cacher et là il voit comme des enfants qui jouent à cache cache, mais non, ce sont des pygmées qui sont plutôt amicales avec lui.

Il traverse l’immense lac Victoria (trois fois la Chine) en pirogue, là aussi il rencontre des situations périlleuses.

Enfin, après 17 mois d’aventure, Il arrive à Libreville au Gabon et retrouve l’arbre sur lequel il a taillé une petite marque avant son départ. Il replace comme prévu les six coquillages ramassés sur cette même plage le 2 juin 1999 et qui ont fait avec lui le tour du monde. Chacun des six coquillages représentant les six étapes franchies.

Une aventure où il aura vécu plusieurs vies, des cartes géographiques et photos illustrent le livre rendant le récit encore plus vivant.

Mon avis sur Latitude zéro

notation_enviedelectureUne fois de plus j’ai été complètement captivée par le récit de Mike Horn. Latitude zéro a été pour moi un vrai coup de cœur, j’ai appris tellement de choses, c’est comme si j’avais voyagé, sans les inconvénients qu’il ait pu rencontrés. Et ils sont de tailles ! Entre l’hostilité de la nature et des hommes…

J’ai aimé découvrir les coulisses de l’expédition, par exemple les sponsors, le travail de l’équipe en amont. Ayant lu déjà un livre de Mike Horn tout cela ne m’était pas totalement inconnu mais j’avoue qu’auparavant je n’imaginais pas combien il y avait de préparation pour un tel projet.

J’ai regardé le film documentaire Latitude zéro, tout aussi passionnant, on y voit un Mike Horn hirsute voguer sur les rivières d’Amazonie, sur l’océan, des passages ont été directement filmé par lui avec sa caméra. Le reste des vidéos fut réalisé par son équipe lors des points de rencontre.

J’ai trouvé le moment où Mike Horn quitte ses proches à bord de son trimaran particulièrement émouvant. Après avoir travaillé pendant un an sur ce projet, vient le moment où il doit les quitter pour affronter la solitude dans l’océan Atlantique.

Aussi, à un moment on voit un phoque tenter de monter sur le trimaran, hyper mignon ^^ On voit aussi des perroquets de couleurs magnifiques !

Les dernières minutes du film sont consacrées au témoignage de Mike Horn concernant sa mésaventure avec l’officier ougandais. Un témoignage glaçant, qui donne la chair de poule et qui montre combien cette expédition ne fut pas une mince affaire.

Mike Horn a frôlé la mort à de nombreuses reprises. Il aura vu des hommes mourir mais aussi des enfants naitre. Il est passé par tous les stades sentimentaux en passant par la joie, l’admiration, la peur, la tristesse, la colère.

Un témoignage époustouflant, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle à certains moments avec L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle. Lorsque Mike Horn avant de s’engouffrer dans la jungle amazonienne fait un exercice de pensée positive. Le fait qu’il croit en lui, qu’il ait  le soutien des bonnes personnes et que celles-ci croient en lui le pousse à croire encore plus en lui-même.

J’ai hâte de lire son livre Vouloir toucher les étoiles sorti en octobre 2015. Il y raconte son ascension de l’Himalaya avec ses 3 amis, un livre où il se livre à cœur ouvert également et parle de son enfance de ses motivations, de ses inspirations.

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